Manifeste
Ce blog tout entier sera consacré à la personnalité du collectionneur et mécène Ferdinand de Sastres. On y parlera peinture, architecture, mais aussi "folie" et
excentricité...


La carrière de Gustave Malbert se résume aujourd'hui à bien peu de choses (on l'a déjà
vu au sujet de Boullée). Au début du XXè siècle, il construisit plusieurs villas, exclusivement situées sur la côte normande et qui furent presque toutes détruites durant les bombardement
alliés de juin 44. La façade ci-dessus, que l'on peut encore admirer du côté de trouville, dans le Calvados, est tout ce qui reste de cette période. Réalisée peu après son apprentissage
chez Victor Horta, cette maison, où le gothique flammand l'emporte déjà haut la main sur l'Art Nouveau, participe de cette
expérience architecturale initiée par les romantiques et Viollet-le-duc au XIXè siècle. Il ne s'agit pas d'imiter de manière
allusive, ou bien même de restituer une réalité stylistique disparue, mais bien de recréer de toutes pièces un âge largement fantasmé et qui n'a jamais véritablement existé. Le Moyen-âge des
romantiques est un rêve éveillé qui mêle culture architecturale et dessins originaux sous forme d'exercices de style. "restaurer un édifice, ce n'est pas l'entretenir, le réparer ou le refaire,
c'est le rétablir dans un état complet qui peut n'avoir jamais existé à un moment donné", écrivait alors Viollet-le-duc. On peut toujours observer les résultats de cette philosophie romanesque dans
la flêche de Notre-Dame, au Chateau de Pierrefonds, ou dans les croquis de la "Cathédrale idéale" (voir ci-dessous). Dans cette
perspective, le Mausolée, qui vient après ces travaux préparatoires que furent les villas, peut être perçu comme le joyau architectural d'une époque inconnue et d'un espace indéterminé. Le bâtiment
fut conçu dès son origine, comme l'ultime vestige d'une civilisation éteinte et restant encore à découvrir...
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