
Longtemps que je ne suis plus venu sur ce
blog. Je crois être victime d'une forme de possession très rare, ridicule, pathétique, terriblement émouvante et incompréhensible par notre époque...parler aujourd'hui d'âme
soeur, est-ce bien raisonnable ? Bref, passons...
Ce matin, j'ai découvert une anecdote intéressante concernant
René Magritte. Cette histoire sans grand intérêt, glissée entre deux
phrases par l'un de mes enseignants, m'a immédiatement sidérée. Vous allez me dire que c'est une habitude, je sais, je sais...
Ils se trouve que Magritte était fasciné par les caisses, qu'il considérait comme le symbole même du Mystère. Il racontait à qui voulait bien l'entendre qu'une caisse s'était trouvée près de
son berceau et qu'elle constituait (elle et son contenu indéfini) son tout premier souvenir. Jusque-là, rien de bien exatrordinaire, me direz-vous, même si vous voyez déjà plus ou moins où je veux
en venir. Bien sûr, ce ne pourrait être qu'une coïncidence, un peu tirée par les cheveux, je vous l'accorde, mais vérification faite, et en dépit de ce qu'il racontait, la Caisse n'apparait pour la
première fois dans l'une de ses oeuvres qu'en 1926 (voir ci-dessus
Le Balcon de Manet). Dans cette toile, la Caisse se fait cercueil, cercueil de l'Art, si j'en crois la référence à Manet,
un peu comme chez Ferdinand et son Mausolée, nouvelle coïncidence, donc ! Mais le plus suprenant dans tout cela, c'est que Magritte rencontra André Breton pour la première fois en 1926.
Impossible de savoir si Magritte se rendit au Mausolée de la rue Cardinet, s'il rencontra Ferdinand de Sastres, mais j'émet l'hypothèse que Breton, ébranlé par ses visites régulières, raconta
tout à son ami Magritte. Dieu seul sait si cette histoire de caisses fit écho chez lui au souvenir infantile, ou bien si Magritte inventa, purement et simplement, cette histoire de "caisse
primitive" pour justifier ensuite son soudain intéret pour l'objet mystérieux.
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